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Dame Isengarde donne ses églises à Nouaillé

Manuscrit de Dom Fonteneau,
tome XXII, page 143

Résumé d'une charte disparue,
relevée par un érudit du XVIIème siècle.




Note marginale : Manuscrits de Dom Estiennot, partie 3°, folio 149

PRIORATUS
SANCTI GENARDI, VULGO SAINT GENARD

  Ceditur simul ac praedia multa apud Nauciacum ab Isengarde nobili foemina et Aymerico filio ; dimittuntur servi, ancillae et peciae terrae apud Nauciacum, ut patet in litteris cessionis in mense Aprili anno quo Lodovicus tentus est datis. Vide probationes folio 314.


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Saint-Génard de Nossay dans son état actuel : porche roman, clocher XIXème. (photo Pascal Desbois)
Mais à quoi ressemblait l'édifice carolingien ?

 

Idem Aymericus Bernerio sacerdoti multa cedit, quae enumerant litterae mense Junio anno X regnante Lhodovico datae. Vide probationes nostras folio 316.

  Huic Ecclesiae Sancti Genardi suberat olim, ut puto, Ecclesiola Sancti Petri de Paiziaco, ut innuere videtur breve apostolicum Gelasii P.P. II. Massiliae anno MCXIX datum, in quo recensentur Ecclesiae et praedia coenobii Nobiliacensis, et inter ea Ecclesia Sancti Genardi de Notiaco cum Ecclesia de Paiziaco et cum caeteris appendiciis suis. Vide breve apostolicum in probationibus infra folio 701.

  Paciscuntur Abbas Nobiliacensis et Prior Sancti Genardi pro XVI sextariis et caetera quae abbas exigebat. Vide litt -------- anno MCCCXLVI datas, quae extant in probationibus nostris infra folio 1068.

Sancti Genardi hujus prioratus Patroni meminere Kalend.- ms nobiliacens v. Sc. octob. his verbis. Sancti Genardi confessoris in lectionibus omnia habentur  de communi cum hac tantum reculiari collecta : Adesto suppliciatonibus nostris omnipotens Deus et intercedente beato Genardo confessore tuo ab hostium nos deffende furore per dominum Je ......."


LE PRIEURÉ
DE SAINT GENARD, communément Saint Génard,

Est cédé en même temps que de nombreux biens près de Nossay par Isengarde, femme noble, et son fils Aymeri. Sont abandonnés des esclaves, des servantes et des pièces de terre près de Nossay, comme il appert dans la lettre de cession donnée au mois d'avril donnée de l'année où Louis fut pris (1). Voir les preuves folio 314.

  Le même Aymeri cède au prêtre Bernier de nombreux biens qu'énumère la lettre donnée au mois de juin de l'an 10 du règne de Lhouis (2). Voir nos preuves folio 316. (3)

De cette église Saint Génard dépendait autrefois, je pense, la petite église (4) de Saint Pierre de Paizay, comme semble l'indiquer le bref apostolique du pape Gélase II donné à Marseille en 1110, dans lequel sont recensées les églises et les possessions de l'abbaye de Nouaillé, et parmi elles l'église Saint Génard de Nossay avec l'église de Paizay et avec les autres dépendances. Voir le bref apostolique dans les preuves ci-dessous folio 701 (5).

L'Abbé de Nouaillé et le Prieur de Saint Génard s'accordent au sujet de 16 setiers etc ... que l'abbé exigeait. Voir la lettre --------, donnée en l'an 1396, qui est présentée parmi nos preuves ci-dessous folio 1068 (6)

Les calendriers manuscrits de Nouaillé ont commémoré Saint Génard, patron de ce prieuré, en ces termes : "de Saint Génard confesseur tout est contenu dans les lectures, ceci seulement étant mentionné régulièrement :  "Réponds à nos suppliques, Dieu omnipotent, et sur l'intercession du bienheureux Génard ton confesseur défends-nous de la fureur des ennemis, par le seigneur Jé..."" (7)


1 . Le latin dit "Louis a été tenu", on peut comprendre "détenu" ou "obtenu". Y a-t-il une autre interprétation possible ?

Louis I° le débonnaire, fils de Charlemagne, empereur et roi, a été emprisonné par son fils Lothaire une première fois à Compiègne en 830, puis une seconde fois, en Alsace, de 832 à 834.

Son descendant Charles III a été capturé et emprisonné par Herbert de Vermandois en 923.  Le jeune fils de Charles III, Louis IV dit d'outremer, avait été mis à l'abri et élevé en Angleterre. Il a été ramené en France en 936 pour être couronné. Il a régné ensuite jusqu'en 954. Peut-on dire qu'il a été "pris" aux Anglais ?

2 .  la formule "regnante Lhodovico" incite à pencher pour Louis IV d'outremer, car elle s'applique normalement à un roi. Louis I° était empereur comme son père, et la formule normale serait "imperatore Lodovico".  Mais une erreur de formulation est-elle inconcevable ? D'autre part, avant de devenir empereur en 814 à la mort de Charlemagne, Louis I° a été longtemps roi d'Aquitaine, ce qui nous ramènerait au tout début du IXème siècle.

3 .  Cet acte est-il encore dans le cartulaire de Nouaillé ? à vérifier.

4 . Ecclesiola : ce diminutif peut s'appliquer à la dimension du bâtiment, ou à son statut secondaire. Ou bien il s'agit là d'une simple opinion de dom Fonteneau, qui a cru comprendre que Paizay n'était qu'une annexe de St Génard, ou bien le diminutif apparaît dans l'acte original : il serait très utile de se le procurer pour vérifier. 
La question implicite peut se formuler ainsi : St Pierre de Paizay n'était-elle alors qu'une simple chapelle annexe de l'église paroissiale de St Génard ? Dans ce cas, quand est-elle devenue une église paroissiale à part entière ?
Les deux bâtiments actuels, construits longtemps après la cession, ont des dimensions similaires.

5 . Ce feuillet 701 ne correspond pas à la pagination de dom Fonteneau (tome XXI, page 599). Il doit donc s'agir de la pagination du manuscrit de Dom Etiennot. Les autres références aussi, par conséquent.

6 . Document original conservé aux A.D. de la Vienne sous le nom de "bail 1396", dont nous avons un jeu de photos, et dont certains passages posent de menus problèmes de lecture. Il serait intéressant d'avoir la transcription qu'en a faite de dom Etiennot (à une époque où le document devait plus lisible.)

7 . Je ne comprends pas tout, d'autant que dom Fonteneau a un peu bâclé cette rubrique, laissée inachevée, qu'il utilise des abréviations que je ne connais pas, et que la photocopie est à la limite de la lisibilité.


-oOo-


manuscrit de Dom Fonteneau, tome 73, page 17

(Note marginale)
manuscrits de Dom Etiennot, partie 3°, folio *63


PRIORATUS
SANCTI PETRI DE PAIZÉ LE TORT

Conditur a domina Isengarde, et deditur coenobio nobiliacensi ab eadem domina et haeredibus, simul cum Nauciacensi ecclesia Sancti Genardi, cui olim suberat, ut innuit apostolicum breve Gelasii PP.II., Massiliae anno MCXIX datum, in quo haec leguntur : "Ecclesia Sancti Genardi de Notiaco cum Ecclesia de Paiziaco et cum caeteris appendiciis suis."
Vide probationes infra, folio 701. 

LE PRIEURÉ
DE SAINT PIERRE DE PAIZÉ LE TORT

Est fondé par dame Isengarde, et donné à l'abbaye de Nouaillé par la même dame et ses héritiers, en même temps que l'église Saint Génard de Nossay, dont elle dépendait autrefois, comme il l'indique le bref apostolique du pape Gélase II, donné à Marseille en l'an 1119, dans lequel on peut lire : "L'église Saint Génard de Nossay avec l'église de Paizay et avec ses autres dépendances."
Voir les preuves ci-dessous, folio 701.

documentation Anne Brun - lecture François Vareille 2007